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Le conseil parisien de l’urgence climatique propose un « dernier kilomètre » zéro émission

L’essor d’internet et les changements dans le secteur du commerce ont fait exploser les flux de livraisons à Paris. 

Environ 200 millions de tonnes de marchandises sont transportés chaque année en Ile-de-France, dont 90% par la route, et 90% avec des véhicules diesel. À Paris même, plus de 200 000 livraisons à des particuliers sont réalisées quotidiennement. Celles-ci ont un impact considérable non seulement sur les émissions de gaz à effet de serre mais aussi sur la circulation, le stationnement, le bruit et la qualité de l’air.

Face à ce constat, les résultats ne sont pas au rendez-vous : Paris comptait moins de 2 000 camions et camionnettes électriques (soit 1% du parc), contre 95% de véhicules diesel en 2018. Le renouvellement du parc professionnel n’a donc pas encore commencé, ni via les mesures de soutien financier des professionnels, ni en anticipation des durcissements à venir des seuils d’autorisation de circulation liés aux vignettes Crit’Air.

Le schéma logistique urbain doit évoluer radicalement. Pour cela, nous proposons un plan à trois niveaux :

  1. La Ville de Paris doit acquérir du foncier de grande taille pour créer des centres névralgiques (des « hôtels logistiques » – très grands entrepôts de 40 000 – 50 000 m2). On pourrait notamment explorer les espaces délaissés aux portes de Paris et favoriser la proximité de la Seine (ports urbains) et des gares. 
  2. Il faut ensuite créer des centres logistiques de proximité, un à deux par arrondissement ; ces centres pourraient accueillir d’autres activités (bureaux, co-working…) ou être localisés dans des parkings souterrains sous-utilisés. Ces centres seraient connectés avec les centres logistiques via des flottes de camionnettes électriques, remorques électriques et vélos cargos électriques pour le dernier kilomètre. Nous suggérons également une conversion de 5 à 10 000 places de livraison supplémentaires en voirie.
  3. Enfin, nous proposons de créer des points relais/consignes ouvert 24h/24, dans chacun des 240 micro-quartiers, en s’appuyant sur l’infrastructure de consignes et points de dépôt/livraison existants. Nous recommandons aussi l’accélération de la construction de consignes dans de lieux de transit gares/métro/RER et dans les mairies.

Nous souhaitons par ailleurs une politique incitative, avec la Région, de conversion du parc de véhicules diesel et essence vers des véhicules propres pour le dernier kilomètre (camionnettes, petits camions, scooters, vélos-cargos, remorques électriques). Une signalétique claire (peinture du véhicule) pourrait faciliter l’identification visuelle de ces véhicules propres, améliorer l’image de la ville et montrer la migration vers l’électrique. 

Il faudra également se poser la question des livraisons à domicile, en particulier celles concernant les de moins de 2kg et les livraisons rapides (moins de 24h), et mettre en place une forte incitation à livrer dans les consignes. 

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